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Publié le juin 30th, 2017 | par Louis Tardy

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Mathieu Saikaly : « je kiff donc je fais »

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« Quand j’étais petit, vers 5, 7 ans, je voulais être acteur ». Le rêve de gosse de Mathieu Saikaly s’est presque réalisé. Le vainqueur de la dixième édition de la Nouvelle Star a déjà fait un bout de chemin. À 24 ans, le chanteur, compositeur et interprète signe son deuxième spectacle musicale avec les Garçons Manqués, qu’il produit actuellement sur scène… avant d’enregistrer son deuxième album. Interview  d’un chanteur au destin atypique.

Tu as eu ta première guitare à 9 ans. Est-ce que c’est ça qui t’a donné envie de faire de la musique ?

Je pense oui. Quand j’étais vraiment petit, vers 5, 7 ans, je voulais surtout être acteur. J’allais dans des cours de théâtre mais j’étais sensible à la musique. J’ai toujours chanté mais je ne me disais pas que je voulais faire ça. En y réfléchissant, j’étais sensible à la guitare. J’ai failli faire de la clarinette ou de l’accordéon mais je me suis ravisé au dernier moment.  Je me suis dit : « mais non, c’est de la guitare que je veux faire ! » Aujourd’hui, je suis toujours partagé entre acteur et chanteur. Pour l’instant, la musique prend le pas sur ma vie mais être acteur me passionne.

Ton genre musical se décrit comme de la folk, de la pop et du space folk, qu’est-ce que c’est ?

(Rires) Pour mon premier album, j’ai essayé de le classer dans un genre particulier mais je n’arrivais jamais à trouver une catégorie. Ce n’est pas vraiment de la folk car il y a bien plus d’éléments que quelques guitares et une voix. Et en même temps, ce n’est pas vraiment du rock ou de la pop. J’aime que ce soit « space », qu’on voyage dans l’espace. J’aime bien cette image qui renvoie à l’espace. Je trouvais ça marrant de ramener l’espace à la folk.

Pour rester proche de tes fans tu as créé une chaine YouTube où tu fais de nombreux covers. Comment choisis-tu les chansons que tu reprends ?

Je choisis la musique sur son résultat en acoustique. Lorsque j’écoute un morceau, je pense aux instruments que je vais utiliser, que ce soit guitare ou ukulélé. Ainsi que la façon dont je pourrais poser ma voix. Parfois je tombe sur un morceau que j’adore. Je me demande alors s’il est facilement adaptable. Sur ma chaine il y a des styles vraiment différents. Sur certains je fais des gros montages avec beaucoup d’éléments sonores. D’autres au contraire n’ont pas besoin de post prod. Je n’ai pas de méthodes fixes, ça dépend vraiment des morceaux. Les chansons d’Artic Monkeys par exemple, m’intéressent. Même s’il y a un peu plus d’éléments, j’essaie de retrouver l’esprit Ukulélé/voix. Pour le morceau « No Instrument number Two », je n’utilise aucun instrument de musique. Là j’ai mis beaucoup de pistes différentes sur ma timeline. L’exercice me plait, c’est intéressant d’adapter des musiques en se creusant la tête. J’aime être simple et très direct.

Image de prévisualisation YouTube

Ta chaine YouTube te permet-elle de profiter de la musique sans contraintes ?

Les covers c’est le kiff de reprendre des morceaux que j’adore. Je les choisis sans pression. Je ne recherche pas les clics, contrairement à d’autres chaines de musique qui rejouent uniquement des singles du moment. J’ai pris le parti pris d’être intègre et de ne jouer que les morceaux qui me plaisent. Avec ma chaine je peux aussi faire pleins d’expériences. Parfois je mets des compositions, même si ce n’est qu’instrumentale. C’est une fenêtre qui me laisse libre, où je peux mettre ce que je veux. L’autre avantage c’est que je peux rapidement montrer mon travail. Quand je fais un album, ou un EP, ça prend du temps, il faut le mixer, le masteriser, le distribuer dans les magasins, c’est une autre démarche. J’aime bien le fait que sur YouTube ça peut aller très vite et où je peux encore exprimer pleins de choses.

La chaine Mathplup totalise 26 815 abonnés et totalise plus de  3 200 000 vues

La chaine Mathplup totalise 26.815 abonnés et totalise plus de 3.200.000 vues (©  capture d’écran youtube)

Après le succès de ton premier album « A million Particles », un autre album est-il sur le feux ?

Je suis sur le deuxième album, j’ai toutes mes maquettes et on est en train de s’organiser pour réserver le studio et comment on va l’enregistrer. On est en train de se creuser la tête là-dessus.

Tu prépares un nouvel album, est-ce que les retours sur ta chaine YouTube t’ont aidé à élaborer ton album ?

Je me suis interrogé sur ce que j’avais envie de raconter à mon âge dans la musique. Pour mon premier album, je voulais encore prouver et montrer quelque chose. Sur le deuxième, je me suis interrogé sur mes motivations de faire de la musique, qu’est-ce qui me plait et qu’est-ce que j’ai envie de raconter. Ces trois questions, il fallait que je les retrouve dans chaque morceau que je composais. Ces interrogations m’ont amené dans une nouvelle direction. Il est un peu plus entre la folk et le rock. Ça donne une patte un peu spéciale, un peu plus proche de moi. Dans l’esprit ce n’est pas très loin de mes reprises car ma façon de chanter ne change pas. Mais les compos sont bien plus personnelles. Je voulais donner une part de moi car je trouve ça dangereux de faire quelque chose pour plaire à d’autres. Souvent, le résultat peut être sans saveur. Pour prendre l’exemple de ma chaine YouTube, les gens qui me suivent aiment ce que je fais car je propose quelque chose d’honnête.

Tu as commencé à être professionnel très jeune, ça t’a aidé à écrire ?

Être professionnel m’a donné de la confiance aussi bien dans ma voix que dans la manière dont je joue de la guitare. Je me suis senti plus légitime, j’ai osé plus de choses. Avant, quand je criais ou que je chantais fort c’était pour rire. C’est des trucs que j’adorais faire. Le fait d’en vivre ça m’a permis d’aller dans cette direction sans avoir peur. Je kiff donc je fais. J’étais peut-être un peu jeune pour parler de certains thèmes. Maintenant j’ai l’impression d’avoir chopé le truc sur scène.

Qu’est-ce que ça fait de proposer des morceaux que tu as composé en concert ?

J’étais assez timide de chanter mes propres morceaux. C’est beaucoup plus intime finalement. Tu te livres et donc tu es assez vulnérable quand tu chantes tes morceaux. Tu racontes des trucs dont tu as vraiment envie de parler. Pour une reprise, tu as toujours la sécurité de « ce n’est pas mon morceau » donc ça libère. Il m’a fallu un temps d’adaptation. Pour la scène je la connaissais à travers le jeu car j’avais fait beaucoup de théâtre. Je jouais ou j’improvisais mais ce n’étais jamais des textes que j’avais écrit. La première scène était assez intimidante… Mais je m’en suis rendu compte après coup. À l’époque, je faisais pas mal de blagues. Avec du recul, je pense que j’avais un peu peur de la réaction que je pouvais avoir sur mes morceaux. Parfois je ne laissais pas assez respirer mes morceaux. J’ai appris à lâcher prise, avant un concert, je me disais : « met toi à fond dans tes morceaux, tu les as écrit pour les chanter. » Après, les gens prennent ce qu’ils veulent. C’est à partir du moment où tu es sincère que les gens prennent ou pas.

Tu ne fais pas uniquement une carrière solo, tu fais aussi parti du duo « Garçons Manqués ». Comment cette collaboration a t-elle débutée ?

Il y avait une nuit blanche organisée sur France Inter autour de Philippe Diot et Nicolas Rey. Nicolas était chargé de lire des extraits des auteurs qui étaient invités ce soir-là. Son travail était de les mettre en musique mais il n’avait pas de musicien. Quelques jours plus tôt il avait regardé la Nouvelle Star avec sa sœur et son fils. Il a dû aimer ma performance car il m’a proposé de l’accompagner à la guitare et j’ai accepté. On s’est vu une fois, on a essayé deux, trois heures et on a eu de super retours. Pendant la nuit blanche, François Morel lui a dit « il y a un truc à creuser ». On s’est tenu au jus pendant quelques mois et puis il m’a dit « aller ! On fait le sujet ». Ce à quoi je lui ai répondu : « ok ! » (rires). On s’est vu entre juin et août. C’est allé assez vite, on a tout trouvé assez rapidement. À la base, j’aime bien mettre de la guitare sur les contes, mais pas chanter. Pour les Garçons Manqués je chante aussi, ça fait un bel échange.

garcons-manques

Nicolas Rey et Mathieu Saïkaly, deux compères littéraires  (©E.Noblet)

Pourquoi les Garçons Manqués ?

(Rires) C’est une bonne question ! Il fallait que l’on trouve un nom rapidement car on bouclait pour la maison de la poésie. À 6 heures du matin, Nicolas m’envoie un texto : « tu préfères Les Hommes Prévoyants ou les Garçons Manqués ? » J’aimais beaucoup les Garçons Manqués car ça sonne bien. En plus, depuis que je suis tout petit je trouve que les garçons manqués ont un charme spécial. Par rapport à nous, on ne se voit pas en mâle alpha. Quand on pense à l’homme virile, on ne pense pas à nous (rires). On trouvait ça marrant car on ne peut clairement pas s’appeler les Garçons Réussis (rires).

Comment se passe la préparation du spectacle ?

Il avait une pile de texte. Il me les a lu et je disais mes préférés. C’était 90 % des textes super. Parfois il me demandait une chanson en particulier, je pense à « Flying to the Moon ». Sinon je disais ce que ça m’inspirait. C’était plus compliqué que d’autres, j’y réfléchissais la nuit et je revenais le lendemain matin avec une idée. D’autres fois je lui proposais pendant qu’il lisait. Ça s’est fait naturellement. Sans se poser de questions.

Tu es musicien aujourd’hui, mais est-ce que tu as abandonné ton rêve d’être comédien ?

Ça me branche d’être acteur, j’ai un petit rôle dans un film qu’on va tourner au mois de juillet qui devrait sortir cette année. Depuis tout petit j’aime ça et cumuler les deux serait génial.

Propos recueillis par Louis Tardy

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