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Publié le mars 30th, 2018 | par Louis Tardy

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Mobilier urbain anti SDF, le casse-tête parisien

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Un banc avec accoudoir ce n’est pas dérangeant… sauf si on veut s’allonger dessus. Depuis le début des années 2000 les sans-abris font face à des infrastructures anti SDF. Après un hiver rugueux, l’heure est au bilan.

“Je ne veux plus personne dans les rues d’ici la fin de l’année”. Le cœur plein d’optimisme, Emmanuel Macron lançait une promesse en juillet 2017… une promesse qu’il savait pertinemment ne pas tenir. Pourtant, mauvaise foi oblige, les ministres La République En Marche, n’ont cessé de défendre que cet objectif soit atteint, ou presque, quitte à affirmer que « C’est à peu près une cinquantaine d’hommes isolés en Ile-de-France [qui dorment dehors], pour être très précis » expliquait Julien Denormandie au micro de RTL en janvier dernier. Le 5 février suivant, le député LREM Sylvain Maillard surenchérissait au micro de RFI « Pour l’immense majorité de SDF qui dorment dans la rue, c’est leur choix ». Suite au tollé qui a suivi ces déclarations, la mairie de Paris a procédé à une action de comptage dans la nuit du 15 au 16 février.

Une nuit pour compter

Baptisée “La nuit de la solidarité”, cette action ponctuelle, et inédite en France, a réunie près de 2.000 personnes dont 1.700 bénévoles. Cette “Photographie de la réalité” comme le veut Anne Hidalgo n’est cependant pas encore entièrement nette. Les bénévoles, formées trois heures avant le début du comptage ne pouvoir se rendre dans tous les endroits de Paris. Les bois et les quartiers jugés trop sensible n’ont pas été visité par des bénévoles à peines formés. Les transports en communs dirigés par la RATP et la SNCF ont également été laisse sur le côté. Le procédé même du comptage présente des failles. Les bénévoles ont l’interdiction d’entrer dans une tente fermée ou de réveiller une personne qui dort. Les associations se désolent du choix de l’horaire, entre 22h et 1h du matin. Les chiffres de ce comptage ponctuel et ne seront donc pas à prendre au pied de la lettre. Ils seront connus le 20 mars prochain.

 

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Sièges individuels empêchant une personne de s’allonger Copyright : News-Gate

 

Des hommes et des chiffres

“L’un des problèmes est la méconnaissance du problème”. Nicolas Clément, président du collectif “Les Morts de la Rue” regrette la méconnaissance des français sur le nombre de SDF. Lors de formations qu’il anime, il débute par un questionnaire en apparence simple : Quel chiffre se rapproche le plus du nombre de SDF y a-t-il de SDF en France ? A. cent mille B. trois cent mille C. Un million.

En France, selon l’Insee, il y avait en 2002 il y avait 86 000 SDF en France. Le président de l’association conteste les chiffres de l’époque. “Lors de ce comptage, l’Insee n’avait pas pensé à proposer des traducteurs dans les équipe de recensement, ce qui fausse les résultat” explique-t-il. Selon Nicolas Clément, le chiffre de l’époque avoisinait plutôt les 100 000. Dix ans plus tard, l’Insee revenant avec un nouveau chiffre, 141 000 SDF dans l’hexagone.

 

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Picots anti SDF Copyright : News-gate

 

A la question de Nicolas Clément, la réponse était donc la réponse A : 100 000. Mais peu sont ceux qui trouve la solution. “Quand je fais passer le questionnaire, les gens votent massivement pour la réponse C 3 millions. Quelque timide ose la réponse trois cent mille” dit -il. Il a une méconnaissance de la part de français sur le nombre de SDF dans les rues. Face à l’inconnue, on a tendance à imaginer le pire, avoir l’impression d’une vague inarrêtable. Les chiffres sont démultipliés et ne veulent plus rien dire. Pourtant, une bonne connaissance des chiffres permet de calibrer le besoin.

 » Il n’y a jamais eu autant de places d’hébergement d’urgence en France « 

Les efforts sont pourtant bien là. Nicolas Clément mets en avant qu’  » il  n’y a jamais eu autant de places d’hébergement d’urgence en France. Elles sont passées de 80 000 à 2012 à 120 000 en 2017”. Mais il existe encore beaucoup de chose à améliorer. Christian Page, sans domicile fixe depuis trois en ans mars prochain remarque que pour aller dans ces logements d’urgence il faut appeler par le 115 et être pris en charge par le SAMU… même si on est en face d’un logement d’urgence.

Les actions sont donc là, bien concrètes, pour aider une personne à survivre dans la rue mais Christian regrette surtout que le gouvernement l’a laissé tomber si bas. Pour lui il y a un manque d’aide avant la chute pour éviter la mise à la rue. Pourquoi pas une piste de réflexion pour le nouveau gouvernement.

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