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Publié le juin 30th, 2017 | par Morgane Thorin

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Nathan Metral, comédien : « j’ai commencé le théâtre à 15 ans et mon père est venu voir le spectacle »

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Nathan Metral est un jeune talent qui a fait de sa passion sa carrière. Être sur scène, un rêve qui est devenu réalité quand il a commencé à jouer dans les plus grandes comédies musicales. À seulement 26 ans, il est à l’affiche du Petit Prince au théâtre La Boussole, une réussite qu’il raconte à la rédaction du News-gate.

Quel est ton parcours professionnel ? Comment as-tu fait pour en arriver là ?

J’ai commencé par une école de théâtre, l’école Claude Mathieu ça a duré 3 ans. J’en suis sorti avec le spectacle promotionnel et le diplôme de l’école. Il y a eu une sélection et on a fait un spectacle pendant 3 mois. Ensuite j’ai fait une école de comédie musicale pendant 1 an et demi, l’Académie Internationale de Comédie Musicale. Après j’ai fait des petits stages par-ci par-là, des stages de caméra, des stages de comédie musicale à Londres et c’est comme ça que j’en suis arrivé aux pièces que je fais actuellement et à tout mon parcours.

Comment ça se passe avec ton équipe quand vous partez en tournée ?

Alors en ce moment je suis en tournée et ça dépend vraiment des projets. Là par exemple pour le Petit Prince c’est moi et ma compagnie qui gérons le projet. C’est moi qui organise la tournée c’est moi qui m’occupe vraiment de toute l’organisation, toute la paperasse, tout l’administratif etc. Après quand je suis en tournée avec d’autres productions qui ne sont pas les miennes, mais dans lesquels je joue, je n’organise rien. On me dit vient à telle heure, j’ai mon billet de train et je peux partir. J’arrive je prend le truc et tout est organisé et tout est fait en conséquence. J’ai une personne que je peux appeler si j’ai le moindre soucis .

Donc ce n’est pas toi qui t’occupe de trouver les billets de train, les hôtels etc. ? 

Non, rien de tout ça. Quand ce n’est pas moi qui gère le spectacle je ne m’occupe de rien. 

Est-ce dur de trouver du travail dans le monde du spectacle ?

Oui et non. Pour le moment je touche du bois, pour moi ça va. Je n’ai pas eu de périodes creuses, comme on peut en avoir dans l’intermittence. Mais oui c’est dur parce que ça joue beaucoup par réseaux. Donc il faut des contacts, des pistons. Mais après tu peux les avoirs de plusieurs façon. C’est à dire que moi j’ai créé un réseaux grâce à mon école de théâtre qui m’a permis de bosser avec des gens qui avaient fait mon école 10 ans auparavant. Par exemple pour le Petit Prince on a monté la pièce tous ensemble.  Donc ça me permet d’avoir des réseaux dans le théâtre, en comédie musicale pareil, grâce à l’école. Mais par contre dans le cinéma j’ai beau avoir un agent j’ai pas du tout de réseaux pour le moment. Mais j’essaye de le créer actuellement.

À quoi ressemble ton quotidien ? Entre deux spectacles, cela ne doit pas être simple, il doit y avoir des moments de vide ?

Pas vraiment. C’est à dire que c’est plat au niveau énergie. Mais c’est pas plat au niveau planning. Je n’ai pas une journée qui se ressemble, des semaines j’ai des auditions, des semaines j’en ai pas. Ensuite j’ai des spectacles, et j’ai pas de spectacles. Et quand j’ai rien j’ai toujours un truc à faire, de l’administratif par exemple. Et je dois même avouer que je devrais voir des films, lire des livres et même quand j’ai du temps libre je n’ai pas forcément le temps de le faire. Mon temps libre passe beaucoup dans toute la paperasse, ou des trucs que je n’ai pas le temps de faire d’habitude.

Tu débutes dans ce milieu, comment fais-tu pour en vivre? 

Oui je suis assez jeune. J’ai mis en place une dynamique assez intéressante et du coup je suis en intermittence depuis 3 ans. L’intermittence c’est super pour nous parce que ça nous donne une chance. Ça nous permet un complément de revenu lorsque les pièces et les répétitions ne sont pas, ou mal payées.

Lorsque tu ne travailles pas et que tu n’as pas de spectacle, tu es quand même payé ?

Oui, c’est ça. Quand je ne travaille pas, quand je n’ai pas de salaire d’un spectacle ou d’une pub ou d’un truc, j’ai un taux horaire donc je suis payé à la journée. Le hic c’est que nous avons des répétitions et la plupart ne sont pas payées. J’ai des spectacles qui ne sont pas également toujours payés ou pas correctement. Donc ça permet d’avoir un équilibre aussi. Par exemple je vais faire admettons 20 représentations d’un spectacle et je vais être payé que 10 voir 5 représentations sur les 20. Donc c’est du temps que je bloque pour un autre projet qui pourrait me payer et  du coup l’intermittence me permet d’avoir un équilibre et d’avoir une certaine sécurité.

Comment tu choisis d’accepter ou non une offre ? Tu n’acceptes pas tous les contrats que l’on te propose ?

Non, je n’accepte pas tout. C’est pas mal d’intuitions. J’accepte pas tout dans le sens ou je me dis je suis comédien, pour de la figuration, je ne suis pas figurant. Si j’en ai pas besoin pour me permettre de vivre je ne vois pas l’utilité de le faire. Parce que c’est pas le même métier. La plupart des figurations je les refuse. En plus, c’est dit dans le milieu je suppose que c’est vrai, mais quand on fait de la figuration tu es un peu enfermé là-dedans. Donc c’est pas réellement mon but. Mon but c’est d’avoir des rôles, des seconds rôles à la limite. Mais d’avoir des rôles au cinéma, à la télévision. Donc je ne veux pas être enfermé dans une case. Les offres que je pourrais refuser c’est parce que je ne le sens pas au niveau de l’équipe, niveau artistique.

Si tu te permet de refuser une offre, c’est que tu gagne quand même bien ta vie, ce n’est pas une calamité ?

Ah non non, pas du tout. C’est pas tous les jours facile mais j’ai pas à me plaindre. Je gagne bien ma vie. J’ai une situation qui me convient, je ne refuserait cependant pas une belle évolution.

L’argent est un critère phare dans les offres que tu acceptes ?

Oui bien sûr. L’argent rentre en jeux. Par exemple la dernière fois j’ai eu une audition pour une pub, c’était quelque chose que je ne voulais pas spécialement faire, je me suis dit je vais quand même la passer. Sait-on jamais, et après on verra si je suis pris ou pas.

Comment te prépares-tu pour un casting ? Comment on se sent quand on doit se préparer sans l’assurance que cela débouche sur un job ?

Ça dépend vraiment des auditions en fait. Si c’est du théâtre il faut que je connaisse vraiment la scène par coeur. J’apprend les scènes qu’on me donne par coeur et après je les révise tout seul ou avec des gens. C’est un peu plus difficile avec des gens parce que tout le monde n’est pas disponible pour te faire répéter. Mais il m’arrive de me filmer lorsque je répète et de regarder la vidéo pour voir si j’aime ou pas. Ça m’arrive aussi de répéter devant mon miroir aussi mais c’est assez rare. Je me laisse plus neutre. C’est à dire que je vais arriver avec une proposition mais je veux pas arriver avec un personnage tout fait, trop caractérisé du moins, un personnage restreint. Si je créé vraiment mon personnage et pas celui de la directrice de casting c’est dur de revenir en arrière. Je préfère être un peu comme une feuille de papier blanche et ensuite quand la directrice de casting me guide j’y vais et à ce moment la je sais un peu plus ou je vais.

Comme tu n’es pas encore « connu », comment ça se passe avec tes agents?

J’ai un agent artistique et j’ai des agences de pub. Les agences de pub c’est eux qui trouvent les castings, qui me négocient les contrats exclusivement pour la pub. Lorsque tu as un casting, ils te proposent je ne sais pas par exemple 1 000 euros pour la journée de tournage et 5 000 euros de droits. Je dis des très gros chiffres, c’est souvent beaucoup moins. Autrement c’est mon agent artistique qui me trouve des auditions. En règle générale, c’est compliqué de toruver un agent qui croit en toi, qui s’occupe de toi et qui te vende un peu à tout le monde. Parce qu’il faut que cet agent soit dans le milieu, qu’il ait des contacts, qu’il sache négocier les contrats de la bonne manière, d’avoir les prix actuels des offres. Je crois qu’il y en a peu qui se focalise sur des comédiens et dans leur agences ils ont peut être 80 comédiens mais ils se concentrent que sur 4 comédiens. Ils se centralisent sur des personnes qui ont déjà fait leur preuves. Le problème c’est de trouver une opportunité pour faire ses preuves. C’est ce que je fais en ce moment, trouver des opportunités, des essais face à des réalisateurs, des directrices de castings pour pouvoir montrer que je vaux quelque chose et voir même plus que les autres.

Comment as-tu trouvé ton agent ?  

Je l’ai démarché. J’ai envoyé une Newsletter et elle m’a contacté directement.  C’est une ancienne directrice de casting qui est devenue agent.

Comment un spectacle conditionne ta journée ? Est-ce que le stress entre en jeu ?

Pour mes répètes je n’ai pas du tout le trac. Pour les spectacles ça dépend. Si c’est la première je suis tout le temps angoissé, si c’est un spectacle que j’ai beaucoup répété et que j’ai beaucoup fait là j’ai moins la frousse. Ça va aussi dépendre des représentations. Si il y a quelqu’un dans la salle d’important pour moi, beaucoup de personnes, pas grand monde. Après je sais gérer le trac sur scène. Par contre en casting je suis une personne qui a énormément peur et je suis souvent beaucoup moins bon en casting que sur scène. Je perd un peu mes moyens et j’essaye de travailler là-dessus pour montrer un peu ce que je vaux.

Comment ça ce passe en coulisses ?

C’est toujours cool. Alors il y a des spectacles où c’est très concentré. Pour les premières on est assez concentré donc on est un peu dans notre bulle. Si c’est un spectacle comique on rigole un peu. En fait, ça dépend beaucoup si il y a eu pas mal de représentations, on rigole entre nous entre les scènes, c’est assez bon enfant. Mais ça dépend aussi de ta présence sur scène. Si tu es tout le temps sur scène, tu peux moins rigoler que les autres . Mais c’est vrai que c’est sympa d’avoir un peu des deux : rigolade et concentration.

Qui t’a donné envie de faire ce métier ?

Alors ce n’est pas une personne connue qui m’a donné envie, c’est un événement. J’ai commencé le théâtre à 15 ans et mon père est venu voir le spectacle et il a dit « ah tu joues bien ». Et à ce moment là je me suis dit « je vais peut-être faire quelque chose en théâtre et en plus ça me plait bien » et c’est là ou j’ai vraiment commencé à en faire beaucoup. Après j’ai un acteur que j’admire énormément c’est Leonardo DiCaprio. Je me compare un petit peu à lui. C’est un peu prétentieux dit comme ça mais sur certains trucs, du style physiquement ou des rôles qu’on a eu. Du coup je me compare à mon niveau à lui. Je dis pas que je joue aussi bien que lui pas du tout. Mais  du coup j’aime bien me dire » ah oui il a fait ça, j’ai fait ça aussi ». Il y a un truc dans sa carrière qui me donne envie, je trouve qu’il a les points forts que je n’ai pas encore assez. C’est un mec que j’admire énormément. Mais pour répondre à la question, c’est quand même plus mon père. Car quand il fait des compliments, il les a fait pas à demi mots. Mes parents me soutiennent, ils sont là à chaque étape et ils m’ont soutenu du début et je pense qu’ils le feront jusqu’a la fin.

Propos recueillis par Morgane Thorin

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