Culture Teknival

Publié le juin 1st, 2017 | par Alexandre Germain

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Teknival et Free Party, où en est le mouvement techno underground ?

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Le mouvement des Free Party se présente, depuis plus de 30 ans, comme le fleuron de la culture alternative. Tirant son origine des « Rave Party » anglaises, ces événements illégaux, car non déclarés, se sont largement popularisés en Europe malgré une forte répression exercée par les autorités. En France, ces dernières semaines ont été marquées par de grandes manifestations à Paris, Toulouse, Marseille et Nantes dans le but lutter contre les interdictions qui pèsent à leurs égards. Retour sur un mouvement culturel qui n’est pas prêt à baisser le son.

« Free Party, Free Music for Free People »

Pour mieux comprendre le mouvement des Free Party, Teufs ou autres Teknivals (Rassemblement de Free Party), il faut d’abord parler des Rave Party. Ces dernières ont vu le jour en Angleterre vers la fin des années 80 avec la naissance de groupes comme Spiral Tribe qui proposaient une musique techno brute de décoffrage connue sous le nom de Acid House. Ces soirées, bien qu’encore marginales, étaient souvent organisées légalement dans des clubs avec des restrictions et un tarif d’entrée. C’est ce qui pousse la scène techno à mettre en place des Free Party clandestines avec comme mot d’ordre « Free Party, Free Music for Free People ». 

 

Teuf

Ces « teufeurs », descendants indirects du Summer of Love et de la communauté Hippies dans les années 60, répandent un mouvement de contre-culture fort.

Le sociologue, et ancien teufeur, Lionel Pourtau – chargé de recherches sur les malades du cancer à l’Institut Gustave-Roussy de Villejuif – a déclaré au site Ouest France que les teufs sont « Un peu comme une communauté hippie, avec des idéaux d’égalité, de fraternité. Sans l’échange de partenaires ! Les jeunes entrent en réaction contre le métro-boulot-dodo, contre la société qui ne leur laisse pas d’autonomie. Ils veulent construire une société alternative et fonctionnent selon une logique de don, don de temps, d’énergie… ».

Un mouvement qui ne veut pas se taire

Saisies de matériels, amendes, travaux d’intérêt généraux … Les organisateurs de Free Party s’exposent en permanence à de nombreuses sanctions pénales. La loi de 2002 sur le « rassemblement festif » (terme désignant les Free Party) interdit tout rassemblement gratuit et non déclaré de plus de 500 personnes. Récemment, plusieurs affrontements entre organisateurs et policiers ont eu lieu en France. Depuis ces événements, la communauté Free Party est en émoi. Cette dernière est descendue dans les rues de Paris, Toulouse, Marseille et Nantes le 18 mars dernier pour revendiquer le droit d’organiser leurs évènements culturels librement. C’est ce que témoigne Renaud, manifestant pour le droit d’organiser des teufs : « Les revendications de notre mouvement sont les mêmes depuis une trentaine d’années maintenant. C’est d’arrêter la répression stupide qui veut que toutes les Free Party soient pourchassées par les gendarmes et la police, et que les organisateurs soient poursuivis alors qu’on est un mouvement culturel comme les autres »

Souvent pointé du doigt comme « désastreuses en termes de sécurité, de santé publique, de tranquillité pour les riverains, mais aussi d’environnement », les Free Party sont énormément stigmatisées. Certains clichés peuvent se révéler vrais. Il y a, effectivement, plus de chance de tomber sur des looks peu communs ainsi qu’une forte consommation de produits illégaux dans une Teuf que dans un concert habituel. Tandis que d’autres sont amplement exagérés. Comme par exemple, le non-respect de l’environnement et des lieux utilisés. De nombreux collectif tels que Les Insoumis – en partie organisateur de la manifestation du 18 mars – veillent à ce que les Teufs et Teknivals se déroulent dans un respect total des autres et de l’écosystème. Le problème reste que les terrains, bien que propres, sont rendues piétinés.

Les insoumis

Que faut-il faire ?

Entre fête et drame, certaines teufs se soldent sur une mauvaise note qui entache sévèrement leur réputation. Le dernier gros Teknival Français a pris place le week end du 1er Mai dans la commune de Pernay, en Indre-et-Loire. Plus de 60.000 personnes étaient présentes et même si l’organisation semblée plutôt calibrée, cette teuf s’est avéré fatale pour un homme âgé d’une trentaine d’années. Alors qu’il rentrait chez lui en voiture sous l’emprise de stupéfiant, l’individu a provoqué un accident mortel. L’association Free Forme, assez connu dans le milieu des Free Party, a réagi au décès de ce Teknivalier et dénonce la responsabilité de l’état qui laisse « pourrir le dossier des Free Party depuis 5 ans ».

Du fait de leur illégalité, l’encadrement total des participants aux événements est quasi impossible. Contrairement à toute une nouvelle génération grandissante de teufeurs, le sujet des Free Party n’a pas l’air d’intéresser l’Élysée. La légalisation des teufs représente, en même temps, un réel paradoxe. Se revendiquant depuis ses débuts comme un courant de contre-culture alternatif, l’encadrement et la sécurisation totale des lieux serait sûrement perçu comme une sorte de conformisme et de restrictions de libertés aux yeux des participants. Même si les Free Party vont certainement continuer d’alimenter les débats, elles sont désormais reconnues comme un mouvement culturel à part entière.

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